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Cette étude vise une meilleure connaissance de la variation des concentrations du phosphore et des autres éléments dans des sols sableux et argileux.
C’est dans ce but qu’Agro-Enviro-Lab a procédé à un échantillonnage hebdomadaire, tout le long de la saison de végétation 2009, d’un sol sableux et d’un autre argileux lors d’une culture d’orge et de blé respectivement.
RESULTATS et COMMENTAIRES

La tendance indique que la teneur en P suit l’évolution de la saison de végétation en sol argileux.
Nous remarquons que la teneur en P a tendance à diminuer jusqu’à la fin de l’automne puis semble se stabiliser. Notons que la courbe descendante est beaucoup plus raide jusqu’à mi-été.
Ce sol n’étant pas très riche, l’effet des prélèvements des plantes semblent très importants, en effet dès le moment où les plantes commencent à prélever du P, la quantité diminue dans le sol. Aussi, elle semble diminuer jusqu’à la fin des prélèvements à la fin de l’été.

L’observation des données nous suggère que le sol sableux est beaucoup plus riche en P. La tendance est à l’augmentation en premier jusqu’à mi-été puis à la diminution jusqu’à la fin de la saison de végétation. La concentration en P diffère grandement et de sens opposé d’un sol argileux à un autre sableux, d’une semaine sur l’autre.
Dans le sol sableux, la concentration minimum est de 453 kg/ha le 5 novembre, tandis que le maximum est enregistré le 15 juillet avec une concentration de 842 kg/ha. (Moyenne de 3 échantillons chacune des valeurs) : des valeurs allant presque du simple au double. Notons que le maximum de P survient après une forte période humide suivit de chaleur, ce qui stimule grandement l'activité biologique du sol.
Dans le sol argileux, le maximum a été mesuré le 19 mai, avant le début de la saison de végétation, pour une valeur de 156 kg/ha et le minimum le 6 août à 82 kg/ha : du simple au double. Notons que ces basses valeurs reviennent régulièrement jusqu'à la fin de la saison de végétation. Toutefois, il faut aussi remarquer deux très hautes valeurs, les 10 et 14 septembre, des valeurs de 154 et de 144 kg/ha. Ces pics correspondent à une période sèche et la fin des prélèvements dans le sol.
Aussi, il nous semble que l’aération des sols apparaît comme un élément déterminant dans la teneur en P. La réaction chimique est beaucoup plus dense dans le sol sableux que dans le sol argileux. La diminution dans ce dernier type de sol est liée au fait que le sol se solidifie au fur et a mesure qu’il y a évaporation d’eau et donc moins d’aération stimulant la réactivité des composants chimiques du sol.




L’évolution du P dans les deux types de sols en fonction de la température du sol et de son humidité démontre peu de chose. Les corrélations sont faibles sauf dans le cas du P en fonction de la température en sol sableux où la corrélation est à souligner(0,4529). Pour ces deux facteurs, une analyse statistique plus poussée est nécessaire pour tirer d’amples conclusions.
Quoi qu’il en soit, la concentration de P semble augmenter quand la température augmente dans le sol sableux, elle augmente puis diminue, dans le sol argileux. Pour ce qui est de l’humidité, les concentrations maximum se retrouvent dans les deux sols entre 12 et 20 % d’humidité dans le sol argileux et un peu plus bas dans le sol sableux. En général, la concentration de P semble diminuer lorsque l’humidité du sol devient forte.
A ce point, nous pouvons avancer que l’aération des sols (évaporation) et la température (chaleur) nous semblent être des déterminants de la stimulation de l’activité biologique et par conséquent des facteurs explicatifs de la teneur en phosphore.
Le graphe 6 semble bien confirmer cela. Toutefois, un regard global sur les différents nuages de points dans les différents graphes nous révèle qu’à mesure que la saison de végétation avance, le phosphore devient plus disponible, sa concentration augmente et en même temps que les plantes le prélèvent celui-ci tend à diminuer. Toute la dynamique du sol et des concentrations du P et de l'évolution du pH tient à ces interactions.

La tendance du pH est de sens inverse par rapport à celle du P dans le sol sableux. Le minimum est de 6,4 le 21 août et un maximum de 7,27 le 12 nov. Une différence de près d’une unité, ce qui est beaucoup. On observe aussi que le pH a tendance à augmenter en fin de saison de végétation alors qu’il est à la diminution lorsque l'activité biologique est à son maximum, durant l'été. Par contre, la tendance est presque identique à celle du P dans le cas du sol argileux. Le pH diminue avec la saison, le maximum est de 6,55 en début de saison, mais atteint 6,51 le 13 octobre. Le minimum est de 5,93, une variation d'environ 0,5 unité. Cette variation est d'environ 50%, plus petite que la variation de pH enregistrée dans le sol sableux.


L’examen de ces deux figures, nous révèle une relation très différente et en sens contraire entre le P et le pH d’un type de sol à un autre. La corrélation est toujours plus présente dans le cas du sol sableux. Nous notons qu’à pH Max, identique dans les deux types de sols (≈6,4) correspond un P Max.
Ainsi, nous pensons qu’en delà et deçà de cette limite du pH, commence l’effet de la diminution du P par rapport à un pH élevé ou moindre. On peut donc penser que l'on commence à sentir l'effet de la précipitation des phosphates à pH plus élevé.
CONCLUSION
Les concentrations de phosphore varient fortement au cours de la saison de végétation. Les causes sont multiples et chacune agit soit en faisant augmenter la concentration du P, soit en la diminuant (prélèvement par les plantes, pH, température, humidité). Toutefois il est difficile de départager l’importance de chacune. Pourtant, on voit clairement l’importance de la variation de la concentration du P dans les sols au cours d'une saison de végétation. Ces variations sont de l'ordre 50% à 100% dans cette étude. Ce qui nous amène à considérer l'effet des périodes de prélèvements d'échantillons de sols pour analyse et interprétation. Il est clair que si l'on veut suivre sérieusement l'évolution des concentrations du phosphore au cours des années, on a avantage à échantillonner souvent et aux périodes semblables à chaque prélèvement. En effet, comment interpréter des échantillons aux 5 ans, prélevés à n'importe quelle période de l'année, dans des conditions inconnues à chaque fois? Ce qui nous amène à des suivis inconsistants où des résultats sur 10 ans ne peuvent absolument rien signifier d'autres que des prélèvements sans liens entre eux et des interprétations parfois erronées.
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